Note préalable sur l'anthropobotique

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Dans son ouvrage "Thermodynamique de l'Evolution", François Roddier introduit une histoire thermodynamique de l'univers et de l'humanité et cherche à montrer la continuité technoscientifique entre :
  • la thermodynamique de Carnot, conséquence des idées de Coppernic, Newton et Leibnitz conduisant à la physique quantique et à la relativité ;
  • et l'infodynamique que nous explorons tous aujourd'hui à la suite de l'introduction par Shannon de l'entropie de Clausius dans sa théorie de l'information et de la communication,
  • alors que nous semblons suspecter à la clé une néguentropie de moyens et une entropie intellectuelle au bilan incertain.
Il est piquant de trouver Guillaume Amontons comme précurseur commun à ces deux disciplines, inventeur du zéro absolu et du télégraphe optique.



Pourtant, à partir de Poincaré nous avons appris au long du XXe siècle que l'univers est un chaos déterministe fractal (c'est à dire insensible à l'échelle) profond ; et nous pénétrerons dans sa complexité interligente (c.-à-d. où tout est lié, comme dans le web) et la nature statistique et discrète (quantique) des phénomènes que nous percevons comme continus et logiques (relativité).

L'entropie s'avère être une notion complexe : la différence entre les effets (phénoménologie) que nous percevons et reconstruisons dans notre(nos) cerveau(x) et la réalité (vérité) que nous cherchons à savoir, à établir sous forme de "lois" scientifiques de référence. Elle est donc notre ignorance ou l'incertitude des mesures de nos observations (le flou) qui va affecter notre "emmagazinage cérébrique" (entropie intellectuelle) de nos mnèmes [1] et donc de nos meilleures capacités ("capax") de vie et de développement.


Pour répondre au flou incertain et partiel des informations qui nous sont données à connaître (data), nous faisons appel à deux sens que nous nous découvrons :

  • l'empathie cérébrale de nos cellules miroirs - que nous savons fragiles de bien des façons naturelles, sentimentales, sociales, ou techniques.
  • et à l'intellition de notre intelligence [2] et aux moyens technologiques capables de nous aider à la discerner et à la valider, mais aussi à l'embrouiller, la manipuler ou la limiter.

Ceci nous a conduits à technologiser,

  • non plus seulement pour une force musculaire auxiliaire (thermodynamique),
  • mais aussi capable de pensée autonome (infodynamique).

En naissent des considérations technosophiques pour répondre aux questions que les machines posent à l'homme [3] pour les avoir "construites à son image" (Wienner) et à la convenance de ses inventeurs. A l'ethitechnique [4] de nous faire découvrir comment maintenant les mettre à la convenance de chacun.

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  1. ensemble des traces mémorielles, du génome, aux archives, des réalisations matérielles aux faits d'histoire, des lois apprises aux expériences des autonomies naturelles et artificielles, etc.
  2. si l'information est ce qui augmente notre connaissance, l'intellition et ce qui - par notre discernement personnel ou artificiel (ex. PRISM de la NSA) - va augmenter notre savoir. La différence entre "je connais" et "je sais'.
  3. La philosophie cherche à répondre aux questions que l'homme pose à l'homme. Elle a toujours accepté la nature comme un fait allant de soi, ou de Dieu (le "grand horloger de l'univers "post-newtonien), confirmé de façon surprenante par la mathématique logique de la biologie.
  4. la technologie étant le fruit d'une action de création humaine évaluable par l'éthique, leurs propres capacités d'actions relèvent d'une éthique à leur niveau, comme au second degré. Il nous faut la comprendre et en établir les règles applicables (exemple : à la fois d'attente et d'impossibilité : les règles d'Azimov).


Ceci nous construit un monde nouveau.
François Roddier et Yuval Noah Harari (dans Sapiens), etc. montrent le changement fondamental qui au néolithique (âge de la pierre polie) et par les "sciences du feu" nous a fait passer de chasseurs-cueilleurs du paléolithique (âge de la pierre taillée) à agriculteurs-éleveurs, sachant cuire ce que nous pouvions désormais cultiver et élever.
Aujourd'hui, notre maîtrise digitale du silicium nous fait basculer dans l"infolithique" (âge de la pierre formée). Après l'anthropocène, notre temps devient l'anthropobotique. On ne s'y parle plus seulement avec des mots, même à la sémantique globale étendue, mais aussi avec des bots. Nous devons inventer, rechercher et apprendre la cohérence de l'appareil complexe de leurs lois (naturelles, artificielles, intellectuelles, sociales, politiques, juridiques, etc.) - ce que l'on appelle alors nomologie diktyologique (cf. infra).


Nous avons en effet appris à répondre au complexe.
L'expérience des cinquante dernières années de développement, cyberguéroiement, déploiement, gouvernance du réseau (on appelle cela la diktyologie, du mot grec "diktuon", filet) nous ont fait découvrir une nomologie post Westphalie et Newton.[1]. En particulier que l'articulation féodale locale transposée au vertical de l'Etat du peuple sur son territoire et aux fiefs des entreprises doit s'accommoder de l'horizontalité de la multitude des "chacuns d'entre-nous" et, maintenant, de nos compagnons et délégataires numériques.
Nous ne sommes plus dans "globalisation consommatrice" : nous pouvons peu à peu architecturalement recouvrer notre "glocalité" (la globalité qui nous est accessible (web) dont nous pouvons nous réapproprier (concept de neb [2]) selon notre mode local personnel).
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  1. L'essor de la philosophie politique née du débat du postMoyen-âge, avec Baudin, Machiavel, Hobbes, Spinozza est passionnant, la montée des Lumières avec Descartes, Leibnitz, la Révolution industrielle avec Marx et l'économie libérale sont encore de ce monde "pré-post-moderne" qui tente de se maintenir par les schémas encore enseignés par une néo-féodalité des marchés de consommation.
  2. neb : le nébulaire privé (VGN: virtual glocal network) des moyens digitaux de chacun supervisé en mode fiable (TCP) protégé (message passing).


"L'internet c'est nous, 
... la multitude des non-inféodés par le marché", nous dit Gaines, l'un des protagonistes techniques initiaux.
Notre besoin partagé est celui d'une gouvernance d'intérêt commun, assise sur un multiconsensus ("tous sont d'accord quant aux spécificités des autres") nomologique ... de nos autonomies. Ce qu'au niveau des Etats et des entreprises ce qu'ils appellent le "multipartiprenariat" du domaine public, du secteur privé, de la société civile et des organisations internationales.
En tant que société civile, nous avons tenté les formules à notre disposition : associations, coopératives, coalitions gouvernantielles. Faute de structuration reconnaissable comme leur "pair en autonomie technologique" nous sommes traités en "marchés" génériques ou globaux (cf. RFC 6852, Paradigme moderne de standardisation").


ProMultis SAS 
C'est une réponse simple, robuste, économiquement pérenne de structuration autonome de nos besoins, de leur réalité économique et de leur novation technique sous forme d'une "centrale" d'achats :
  • techniquement coordonnés et spécifiés pour répondre aux attentes d'une multitude d'autonomies diverses, plurielles et identifiées.
  • sous forme d'une entreprise ouverte à actionnariat pérenne participatif et/ou lucratif et/ou desservi.
Le projet est expérimental et réaliste.
  • une SASU a minima, sans limites d'associés.
  • des actionnaires/clients/partenaires à vie : une action minimale pour l'enregistrement d'un nom de domaine, d'une adresse email et d'un accès aux services. Le plus simple et le moins cher.
  • des participations au capital en nature ou en travail d'intérêt mutuel pouvant s'autonomiser en start-up (hub).
A nous de comprendre, d'expliquer (et d'apprendre de tous) comment marche une vaste entreprise de la multitude à notre époque anthropobotique.


Assise nomologique 
Le projet ProMultis repose sur la possibilité d'une compatibilité nomologique commune à tous ses associés, c'est-à-dire que tous utilisent et partagent un jeu de lois physiques (univers), sociologiques (sciences humaines, écologie), économiques (lois du marché), juridiques (droits de l'Homme), technologiques (normes, standards, protocoles, critères de catégorisation et de délinéation), etc. dans un monde où le multiconsensus est que tout est lié.
Le savoir à ce sujet est encore limité et devra sans cesse être approfondi puisque l'entropie est la caractéristique au niveau "macro" des mouvements physiques et des flux d'information, de notre ignorance de la complexité sous-jacente de la réalité aux niveaux "micro", "nano" etc. et des deux infinis.
C'est pourquoi le projet ProMultis inclut quatre autres projets de Recherche et Développement participatifs.
  • le projet Diktya d'une diktyologie (réseau d'ontologies dynamiques) de recherche participative.
  • le projet THEXXI d'un thésaurus du XXIe siècle et du modèle "ALFA" (Architectonie Libre/Free Arhitectony) de la contexture (contexte des contextes), avec :
  • le blik de recherche sur l'Interligence "ce par quoi tout est lié" et sa mathémagorique.
  • le blik IUSE de recherche sur les attentes et les apports des utilisateurs des inteligences réseau, sémantiques, juridiques, nomologiques, etc.
  • le projet CNRLib de Conflexion Numerique de la Recherche Libre, dans le cadre de la Charte des sciences et recherches participatives en France pour "accompagner, soutenir et promouvoir les collaborations entre acteurs de la recherche scientifique et de la société civile", signée le 20 mars 2017 au Ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en présence de Thierry Mandon, secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.